Régénération Naturelle

Les haies champêtres, et plus globalement les arbres sont des éléments de nos paysages indispensables au bon fonctionnement de nos écosystèmes. Ils remplissent de nombreux rôles et sont indissociables à la pérennité des espaces cultivés. Nos paysages se sont pourtant appauvris par la suppression de ce matériel végétal. Afin de permettre une nouvelle expression du rôle de ces corridors écologiques, des projets peuvent être conduits par la plantation d’arbres. Mais la plantation n’est pas une solution systématique. En effet, certaines situations peuvent ne pas s’y prêter (talus, bord de cours d’eau, accotements, etc…).

 

La régénération naturelle devient dans ces cas-là une alternative intéressante à la plantation. La conduite par régénération naturelle est un itinéraire intéressant qui vous permettra d’obtenir une haie sans engendrer de gros investissements. Elle comporte en plus des avantages non négligeables :

  • Le coût réduit ;
  • Les essences spontanées seront naturellement adaptées au milieu ;
  • Préservation du sol ;
  • Installation rapide d’une flore et d’une faune associée au essences ligneuses ;
  • Simplicité d’installation du matériel végétal.

 

Conduite de la régénération naturelle

1) Arrêt des fauches répétées sur une bande définie

 

L’itinéraire d’installation reste à la portée de tous puisqu’il consiste dans un premier temps à stopper les fauches sur une bande définie. La dynamique naturelle du milieu va permettre l’installation d’une strate herbacée adaptée, puis d’essences ligneuses. 

2) Nettoiement afin de supprimer les essences non désirées 

 

Le travail qui suit consiste alors à réaliser des interventions ponctuelles afin de sélectionner les essences. En effet, certaines essences allochtones peuvent avoir un caractère invasif et ne sont pas forcément être souhaitées selon le projet. Elles présentent de plus un caractère assez dynamique qui pourrait prendre le dessus sur les autres essences (ex : érable negundo, ailante glanduleux, sumac vénéneux, etc…). 

3) Diminution de la concurrence 

Le travail de conduite peut également passer par la diminution de la concurrence induite par la présence de la ronce notamment. Cette étape n’est pas une obligation mais pourra permettre une accélération du processus. Loin d’être une ennemie, la ronce constitue un élément central dans la dynamique « près forestière » du milieu. Elle enrichie les sols, protège les jeunes sujets de l’appétit des cervidés, des lapins et des lièvres et permet l’installation d’une flore diversifiée.

La diminution de la concurrence peut également être réalisée par la méthode du nettoiement par « puit de lumière ». Cela consiste à venir dégager la tête des essences souhaitées. Cette méthode permet de bénéficier d’une protection naturelle tout en donnant un accès à la lumière au futures essences constitutives de la haie.

4) Protection des sujets désignés

 

Une fois la sélection des essences opérée, une protection peut être apportée après la désignation des sujets que l’on souhaite maintenir. Si aucune barrière naturelle n’est présente, la mise en place de « gaines » peut s’avérer nécessaire.